VERS DES SABLES   
 
 
Vendredi 12 août 2005

Je me souviens...

Tes mains couraient le long de mon corps nu.

Leur course aérienne, d'une douceur de soie

Dressait un voile de volupté sur ma peau dévoilée,

Ma chair se faisait bourrue et se muait en parchemin.

Ma peau se souvient...

Tes mains la cognaient les soirs d'ivresse.

La morsure de tes poings,

La piqûre de tes mains,

La rendait propre au chagrin.

Maintenant elle ne se souvient que de l'horreur

De tes mains ensanglantées d'avoir trop frappé

Et de l'odeur de la peur qu'elles lui ont révélé.

 

 

par chris2lire publié dans : poésie
Samedi 16 juillet 2005

Tu partais pour un océan de lumière,

Des fleurs au coin des yeux.

Le vent, sur ton visage lunaire

Glissait pour ébouriffer tes cheveux.

 

Et ta bouche qui jouait à sourire

A la vue d'un met délectable

Tes chants, tes cris, tes soupirs

L'animait pour un instant remarquable.

 

Tes longues marches, tes errements,

C'étaient une ruse, un artifice.

Une roublardise de gitan

Pour tromper les maléfices.

 

Tu dressais ta figure

D'un air plein de défis.

Toisant les créatures

Qui ignoraient ton esprit.

 

Tu partais pour un océan de lumière

Des fleurs au coin des yeux.

Tu dors dans la nuit polaire

Ton étoile brille de mille feux.

 

                                               A Marianno.

par chris2lire publié dans : poésie
Mardi 28 juin 2005

Je pars dans l’océan d’écume

Quittant mon port du bout des lèvres,

Vieux gréement sans amertumes,

Je vole sur des vagues d’orfèvres.

 

De grands vaisseaux blancs et criards,

Accompagnent bruyamment mon départ.

Ils frôlent mes voiles de leurs plumes

Comme la caresse du vent sur les dunes.

 

Le bois craque,

Ma coque griffe

Ce grand cloaque

Qui m’ébouriffe.

 

Le large enfin déroule son horizon

Jusqu’aux Amériques puis les îles Salomon.

Plus tard viendra la Polynésie, l’archipel des Tuamotu

Pour franchir le Cap Horn, le Cap des fous.

 

Mon mât se mettra au diapason

Du tropique du capricorne

Nous naviguerons ton sur ton

Jusqu’à l’Afrique et sa corne.

 

Le vent siffle

Les voiles claquent

Ma coque gifle

Les vagues attaquent.

 

Le pont ruisselle d’embruns blafards

L’écume s’étale en étendard,

Je tangue et roule sauvagement,

Dans les ornières de l’océan.

 

Et quand le soleil crève les nuages oppressants

De ses traits obliques de lumières dégoulinantes

Je vogue sous les rayons ardents

Jusqu’à mon île, mon port de Nantes.

 

 

 

 

 

 

par chris2lire publié dans : poésie
Mardi 28 juin 2005

Tout d’abord,

 

Se saisir d’un parchemin à la blancheur virginale,

Contempler son grain,

Promener son regard.

Caresser de ses mains la douce âpreté du vélin.

Sentir son odeur glisser dans les narines

Et chatouiller les muqueuses d’un effluve alcalin.

 

Ensuite,

 

Se saisir d’un pinceau à  l’allure docile,

Le tremper un instant,

Qu’il se gorge du pigment.

Cajoler le papier de cet instrument futile

Qu’il s’abreuve du nectar,

S’en nourrisse et exalte l’accomplissement.

 

Puis,

 

Se saisir d’un bonheur,

D’un petit moment heureux,

Se rappeler cet instant de félicité

Et le coucher sur le papier.

Le border délicatement,

L’embrasser sur le front.

 

Enfin,

 

Remonter les couvertures,

Lui remettre sa peluche,

Ranger les jouets en pleine rébellion.

Ne plus faire de bruit, faire taire les perruches,

Vérifier le sommeil du petit bouchon,

Après, seulement quand tout est terminé,

 

Eteindre la lumière.

 

 

 

 

 

par chris2lire publié dans : poésie
Mardi 28 juin 2005

 

Duvet noir.

Huile sur bois.

Delphine Priollaud.

 

                                                                         

D’abord…

 

Commencer par peindre une caresse !

La plume doit être son guide !

Elle doit provenir d’un oiseau lyre

Pour qu’elle s’accorde avec sagesse

A ces mots doux qu’une humeur languide

Professe sans cesse dans un délire !

 

Puis…

 

Envelopper cette caresse dans un nuage de parfum.

Le nuage devra être vaporeux et volatile,

On doit suivre la caresse à son sillage !

 

Ensuite…

 

Laisser sécher pendant tout un chagrin !

Faire revenir les souvenirs les plus doux !

Laisser la plume courir sur la joue !

 

Enfin…

 

Le mieux est d'attendre que les yeux s'illuminent !

C'est ainsi qu’une caresse se termine !

  

Caresse.

Rémi Zanatta.

 

 

 

 

par chris2lire publié dans : poésie
 
 
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