Nul ne sait d’où il vient
Personne ne sait où il va.
Il poursuit seul son chemin
Son immuable voie.
Il n’a pas d’âge
Pas d’adresse
Pas de cage
Ni de maîtresse.
Il ne s’attarde pas
Ne contemple rien
Il n’écoute pas
N’entend rien.
L’éternité semble à lui
L’immensité sa demeure
Que signifie aujourd’hui ?
S’agit-il d’un leurre ?
On ne le trompe pas
C’est une fatalité
On subit sa loi
Sans jamais se rebeller.
L’impuissance nous fige
Elle ronge nos oripeaux
Son poison nous oblige
A modifier notre tempo.
Ses couloirs sont venteux
Ses abris incertains
Ses restes ignominieux
Ont l’odeur du purin.
Et pour le faire passer
De multiples artifices
Sont alors déployés
Avec l’aide d’aruspices.
Il avance sans bruits
Un silence fantastique
On ne perçoit de lui
Que le son métallique
du
Tic
tac
tic
tac…
par chris2lire
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slam
Encore un pastel

par chris2lire
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mon autre jardin
Lundi 8h.
Bon, où est-ce que je me suis garée déjà ? ... Hier soir y avait pas de place dans la rue, je crois que c'est dans celle-ci ... non ... c'est l'autre là bas, je m'en souviens, il y a la boulangerie qui fait l'angle.
8h05.
Ah ! Évidemment, deux autres voitures ont décidé de prendre la mienne pour un jambon et de se la coller en sandwich. Je sens que ça va être une partie de plaisir pour sortir d'ici.
8h15.
Ouf ! Ça y est, je suis dans le flot de la circulation ... Et bien sur, derrière un bus. Il pue. Il s'arrête tous les dix mètres. La circulation est bien trop dense pour que je le dépasse facilement.
8h20.
Putaiiiin, voilà des travaux maintenant ! Pas de bol, je ne suis pas dans la bonne file.
Je patiente, ou presque… Je tapote nerveusement le centre de mon volant, là où se trouve l’avertisseur. La tension monte, la sueur commence à perler sur mon front, dans mon cou. Je mets mon clignotant, en espérant que mes compagnons de galère réagiront à ma détresse et qu’un saint homme (ou femme), apitoyé par ma mine défaite va me prendre en pitié et me céder sa place avec un sourire serein et le regard rempli de béatitude.
8h25.
Toujours pas de saint.
8h30.
Une jeune femme contemple mon désarroi au volant de son gros 4X4 bleu métallisé toutes options, jantes alliage, freins ABS et phares directionnels. Ses yeux globuleux se dirigent alternativement entre moi et l’avant de sa voiture.
8h35.
Je vois clair dans ton jeu ma jolie ! Tu veux pas me laisser passer mais tu as la trouille de faire une éraflure dans ta magnifique carrosserie. Tu as peur que Popol t’engueule et ne te confie plus sa carte bleue pour avoir fait subir les derniers outrages au précieux carrosse qu’il t’a payé afin que tu lui fiches la paix pendant qu’il rend visite à sa maîtresse.
T’es trop pathétique ma grande !
J’aimerais pas être à ta place.
C’est bon, vas-y passe, c’est tout ce qui te reste de toute façon.
8h40.
Alléluia ! Un saint ! Un saint dans un véhicule utilitaire EDF.
Et la lumière fut !
Soulagée, je me coule dans le flot de la circulation. Enfin ! Je me sens acceptée. Acceptée par toute cette faune vrombissante, fumante et tonitruante. Acceptée dans ma dimension urbaine, je suis le chaînon manquant de cette chaîne élémentaire d’automobiles coulant dans la même direction pour se répandre dans les parkings et déverser ses microparticules qui se réfugient à la hâte dans les immeubles voisins.
8h50.
Voilàààà ! Je rentre sur le parking. Il y a du monde on dirait.
8h52.
Pas de place, je refais un tour.
8h55.
Toujours pas l’ombre d’une place. Je vais tenter ma chance dans les ruelles adjacentes.
9h05.
Ça c’est de la place ! Coincée entre un container bourré d’ordures et une camionnette à moitié désossée. Chapeau le quartier ! Je vais pas être tranquille de la journée moi ! Tant pis, de toute façon j’ai pas le choix, je suis déjà en retard.
9h15.
Ben voilà ! Le sermon patronal est terminé. D’habitude il est plus long, plus moralisateur, parsemé de paternalisme avec une petite pointe d’hystérie qui ajoute une petite note lyrique.
Je regagne mon poste.
…Besoin de chlorophylle d’un coup.
par chris2lire
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Les belles lisses poires
Sur les draps fatigués la lune respire
Elle suinte à travers les carreaux sales
Sa silhouette gironde, son visage cachemire
Illumine ce moment de délice nuptial.
Une échine argentée se dessine en escapade
L’échappée se rebelle par une dérobade
Une jambe d’étain s’enroule en écharpe
Autour du corps tendu comme une harpe.
La clarté bleue des amants luminescents
Leurs gestes tendres et leur danse lubrique
Transforme la couche en écrin incandescent
L’éperonnant d’un long chant érotique.
Les corps d’argile, obscurs et nerveux
Basculent lentement, confiant des aveux
Epuisant le traversin en mordache
Troublant le faune égaré qui se cache.
Sombre secret de cette nuit intime
La brèche s’est ouverte sur une porte dérobée
Elle révèle aux amants le plaisir ultime
Celui qui est composé pour être partagé.
par chris2lire
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On aura tout lu !

Pastel.
par chris2lire
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mon autre jardin

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