J’aurais pas dû m’lever
C’était pourtant un jour sourire
Un jour où on s’attend pas au pire
Un jour à savourer d’un baiser.
J’aurais pas dû m’lever
Je serais rester au pieux
Je sais, j’aurais fait des envieux
Mais j’aurais encore mon pied.
J’aurais pas dû m’lever
Maintenant il est dans le plâtre
Et je suis devenue acariâtre
Plus rien ne m’fait rigoler.
J’aurais pas dû m’lever
J’aurai dû faire des grimaces
J’aurai dû faire la bécasse
Pour amuser mon dernier né.
J’aurais pas dû m’lever
On aurait joué à cache-cache
On aurait fait les apaches
On se serait bien marré.
J’aurais pas dû m’lever
Il aurait ri aux éclats
On aurait bu du chocolat
Et mangé un éclair au café.
J’aurais pas dû m’lever
Je lui aurait fait des poutoux
Des gros bisous dans le cou
Les connaisseurs vont approuver.
J’aurais pas dû m’lever
Car je le confesse
J’aurais donné toute ma tendresse
A mon fils adoré.
par chris2lire
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slam
C’est pour ce matin
La rage au coin du cœur,
Il fait pas le malin
Il aurait même plutôt peur.
Le canon est pointé
Sur son front en sueur
Il ne peut pas l’éviter
Où il lui arrivera malheur.
Les billets s’entassent,
Gonflent le sac de jute,
Que voulez-vous qu’il fasse ?
Un geste et je le butte.
Ma tête résonne
Mes sens sont en alertes
Mes oreilles bourdonnent
Est-ce que je cours à ma perte ?
Derrière son guichet,
La mine déconfite,
L’homme sort les billets
Ses gestes vont trop vite.
Ses yeux roulent
Sombrent dans la panique,
Son regard maboul
Offrent un spectacle satanique.
Il se redresse soudain
Tremblant d’une peur indigne.
Puis d’un cri inhumain
Il semble franchir la ligne.
Il vocifère
Hurle sa terreur
Se soumet aux chimères
Puis tout bascule dans l’horreur.
La stupeur me frappe
Le coup est fatal
Je tombe dans la trappe
De tous ce chaos mental.
Le coup part
La balle s’envole
Comme dans un cauchemar
Je perds la boussole.
L’homme s’effondre
Le sang se répand
Et la mort de répondre
Froide comme un serpent.
Je contemple ma tombe
Mon paradis perdu
Un parfum de catacombe
Hante mon royaume tordu.
Des bruits de portières qui claquent
Des cris, des éclats de voix,
La rue passe à l’attaque
Je pointe le canon sur moi.
par chris2lire
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slam

Art en suspension
La parenthèse entrouverte
Il glisse sur l'eau.
par chris2lire
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haîku
Extrait d’un article paru dans le journal « Nouvelles du matin » le 15 mai 2005.« Hier soir, vers vingt trois heures, deux corps ont été retrouvés sans vie dans l’atelier du peintre Jean-Baptiste Krémin. Il s’agit du peintre et d’un de ses modèles, Mademoiselle Sonia Hermann. Les éléments de l’enquête tendent à montrer que Mademoiselle Hermann est morte étranglée et que Monsieur Krémin s’est donné la mort.
L’alerte a été donnée par la colocataire de Mademoiselle Hermann.
Rappelons que Jean-Baptiste Krémin était un peintre réputé… »
par chris2lire
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Lilith
Les couleurs s’amoncelaient sur le tableau. Jean-Baptiste travaillait par grands aplats agrémentés de petites touches de lumières et d’ombres. Lilith tenait sa victime à sa merci. Son regard enjôleur et cruel dominait le pauvre hère qui courbait l’échine, vaincu et déjà damné. Son corps terne tranchait avec la beauté lumineuse du démon. C’était comme si il avait déjà atteint le royaume des ombres. Son visage reflétait la souffrance d’un cœur épris d’un rocher. On y lisait la peur d’être rejeté par l’objet de son désir, la souffrance de ne pas être à la hauteur de son amour, la tristesse de n’être finalement que ce qu’il était.
En face, il y avait Lilith ! Superbe créature nimbée d’une aura mystique. Le corps gourmand, les hanches pleines, une attitude à la fois nonchalante et provocante qui dénotait un mépris pour la vile créature qui rampait devant elle.
L’œuvre que Jean-Baptiste avait tant désiré allait bientôt être achevée.
Lilith ne le harcèlerait plus !
Il l’avait domptée !
Il l’avait vaincue !
Il se sentait libre !
Il se retira soudainement du devant de la toile comme un homme esquive un coup de fouet. Il prit un air triomphant qui le fit paraître plus jeune.
C’était fini !
Sonia, toute excitée, demanda à voir le tableau. Jean-Baptiste l’invita à prendre part au spectacle à ses côtés. « Mon Dieu ! Comme c’est beau ! Et puis il y a tant de force dans votre tableau ! – S’enthousiasma Sonia.
- Oui ! J’ai fini ! Cette fois, c’est terminé ! – Répondit Jean-Baptiste soulagé.
- Fichtre ! Ça me fait quand même drôle de voir mon corps et mon visage ainsi mis en scène ! Et vous avez introduit un autre personnage également ! – Sonia regarda de plus près – Mais ! C’est vous ! Vous avez fait un autoportrait saisissant ! »
Jean-Baptiste avança vers le tableau, incrédule : « Que dites-vous ?
- Je dis que vous avez réalisé un magnifique autoportrait en la personne de ce pauvre homme si pathétique ! »
Jean-Baptiste n’en croyait pas ses yeux ! Comment avait-il pu ne pas s’en rendre compte ! Il contemplait cet homme sur la toile, c’était bien lui ! Il examinait maintenant son visage tordu par la douleur et l’amertume, ses yeux n’étaient plus que deux cavités où flottaient deux pupilles vides et sans énergies, ses cheveux étaient blafards et flétris.
Sonia, elle, offrait un visage radieux. Jean-Baptiste était un excellent peintre qui n’hésitait pas à payer de sa personne. Il n’en avait que plus de mérite. Elle était ravie d’avoir poser pour lui.
Jean-Baptiste se retourna vers elle. C’est alors qu’il l’a vi !
Lilith était devant lui ! Elle le regardait d’un air victorieux.
Elle l’avait vaincu ! Elle lui avait tendu un piège, et lui, pauvre demeuré, ne l’avait même pas vu ! Jusqu’au bout il pensait l’avoir dominée, mais non ! Non ! Tout n’était que supercherie et faux-semblant ! Elle l’avait manipulé avec adresse pour qu’il croie qu’il était le plus fort, et au dernier moment elle lui avait donné le coup de grâce. Cette diablesse était d’une perversité inouïe !
Il n’y avait plus qu’une solution !
par chris2lire
publié dans :
Lilith

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