VERS DES SABLES   
 
 
Samedi 31 décembre 2005

 

BONNE ET HEUREUSE ANNEE 2006 !

Qu'elle vous apporte le bonheur et la joie !

Et maintenant mon cadeau !

Allez dans mes "liens" et cliquez sur "Le vendeur de ballon", vous ne serez pas déçu !

Dimanche 18 décembre 2005

Plage de La Couronne (Bouches-du-Rhône)


Corps nu alangui

Dunes apocalyptiques
De sable émouvant.
par chris2lire publié dans : haîku
Vendredi 2 décembre 2005

Peaux gourmandes d’un désir capiteux,
Nourries du souffle des amants impatients.
La sève salée suinte des corps ardents
Et coule sur leurs flancs en diamants précieux.

Les yeux mi-clos, les mains mêlées,
Les corps entament une danse serpentine,
Un ballet ondoyant d’une grâce maligne
Un rite mystérieux aux reflets cérusés.
 
En une lente agonie, les corps s’embrasent
Ils frémissent soudain d’un désir intrépide
Une aura s’empare de leurs étreintes impavides
Enveloppant leurs chairs d’une follicule d’extase.
 
Assoiffés et hagards, dans une symphonie pathétique,
Les corps délirants et rebelles en une lutte hardie
Bataillent ardemment pour faire naître l’empathie
Qui les emportera, vibrant, dans un délice chaotique.
 
Mais pour l’heure, la bataille est rude
Les forces se jaugent et s’estiment
La rencontre comble un abîme
Elle se transforme alors en plénitude.
 
Les corps meurtris s’enroulent et se déroulent,
Une liqueur sacrée coule et se répand,
Sur un rayon de lune, elle glisse lentement,
Le long des amants roulant sous la houle.
 
Dimanche 20 novembre 2005

Ouais ! Cette souris-là, je l’avais déjà repérée la semaine dernière dans la rue d’Italie.

Dame ! C’est qu’elle passait pas inaperçue la donzelle, malgré sa petite taille, avec son petit nez retroussée et ses yeux vifs. Elle marchait le long du trottoir. Sa démarche sautillante et nerveuse me promettait des instants de purs délices.

 

Ça faisait maintenant une semaine que je réfléchissais sur la manière avec laquelle j’allais l’aborder.

J’ai d’abord pensé à la manière directe, lui faire front. Mais, une créature pareille, tellement menue, si craintive, je risquais de lui faire peur et de la voir disparaître pour toujours.

J’ai ensuite pensé éveiller son intérêt en lui offrant de manière anonyme les mets les plus délicats et les plus raffinés que je disposerais devant sa porte préalablement repérée. Mais la recherche de ces mets et de la porte risquait d’être longue et fort coûteuse.

J’ai eu aussi l’idée de l’épier, d’observer ses habitudes, sa façon de faire, ses gestes afin de m’en imprégner, de pénétrer son intimité. Mais la frustration inévitable engendrée par cette stratégie risquait de m’entraîner dans les affres rédhibitoires du non passage à l’acte.

 
Alors j’ai attendu.

J’ai attendu que l’inspiration vienne, que la source rejaillisse, que le temps me laisse le temps de goûter encore une fois au plaisir inégalable de l’acte le plus jouissif qui ait été donné à tous ceux de mon espèce. Oui ! Nous sommes tous autant que nous sommes les esclaves consentant de nos pulsions. Oui ! Malgré mon âge presque canonique, je me sens encore des ardeurs de jeune minet aux dents longues.

 
C’est décidé ! C’est pour ce soir !
 

Je la vois…elle est seule…je la suis discrètement…elle se retourne souvent, il va falloir jouer serré.

Elle est toute en grâce. Les ondulations de ses hanches laissent présager un doux programme, j’en salive d’avance !

Elle n’est plus très loin.
Elle ne m’a pas vu.
Elle continue son chemin, confiante.
Je m’approche à pas feutré…
Je peux sentir son odeur…
Une odeur fraîche et suave.
J’allonge la foulée…
Puis…

Je fonds sur elle avec la rage du prédateur affamé, elle pousse un cri strident. Je saisi son cou dans ma gueule et la secoue violemment jusqu’à ce qu’elle ne crie plus.

 

Ce fut bref. Ce fut violent mais rapide. Pour un chat de presque dix ans, je m’en sors bien, j’ai de l’expérience, la technique est rôdée. Et puis, c’est ce que ma maîtresse attend de moi. Mais je n’ai toujours pas compris pourquoi elle hurlait chaque fois que je lui remettais le cadavre d’une souris à ses pieds !

 
 
 
 
 
 
Vendredi 18 novembre 2005

Cette gymnopédie...C’est une musique qui surgit pendant mes longs moments merveilleusement égoïste de dialogue avec mes rêveries.

 

Des images sépias viennent se coller à des souvenirs embrumés. Une petite pièce, des meubles bons marchés, une vieille tapisserie surchargée d’arabesques aux couleurs chaudes, une table épaisse avec une nappe en plastique. Je suis chez ma grand-mère. Les images sépias sont celles de vieilles photos dégotées dans une vieille boite à gâteaux en fer blanc rangée dans un tiroir. L’une d’entre elles représente mon arrière grand-père en tenue de poilu, une autre le montre avec mon arrière grand-mère. Ils posent pour cet instant d’éternité. Mes yeux les voient et ne les ont pourtant jamais vu. Ils contemplent le regard de mon aïeul…le même que mon père. Tout le monde trouve que j’ai les yeux de mon père. Je sais maintenant de qui il tient les siens.

 

Autre rêverie, et toujours cette gymnopédie. C’est une autre époque. Un clapotis, le reflet du soleil sur la rivière, des ombres douces, le fil de l’eau tissé par une barque blanche. A son bord, un couple. Elle, longue robe blanche à petites fleurs bleues, elle arbore un sourire insouciant avec ce qu’il faut de discrétion pour afficher un bonheur tout neuf. Elle tourne distraitement son ombrelle contre son épaule tout en réajustant sa voilette avec son autre main. Lui, costume clair et canotier, en bras de chemise, il rame sans effort dans le courant lent et régulier. Il la dévore du regard, il goutte des yeux chaque parcelle de son corps, il ne sait plus si c’est l’ombrelle qui tourne où si c’est lui qui est pris de vertiges. On se croirait dans un tableau de Renoir. Ce n’est pas encore la guerre…mais elle arrive.

 

En cet instant encore, il la caresse de son regard bleu.

Je connais ses yeux.
 
Et toujours cette gymnopédie…
 
 

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