VERS DES SABLES   
 
 
Mercredi 20 juillet 2005

Lys au bord de l’eau

Un écrin blanc pour l’abeille

Parmi les roseaux.

 

 

 

 

 

 

Pétales de rose

Délicates lèvres lisses

Pour un papillon.

 

 

 

 

 

 

Parfum de glycine

Universel et vivant

Dans le vent du soir.

 

 

 

 

 

 

Mimosa d’hiver

Poudre d’or de la colline

Veine de diamant.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

par chris2lire publié dans : haîku
Samedi 16 juillet 2005

Tu partais pour un océan de lumière,

Des fleurs au coin des yeux.

Le vent, sur ton visage lunaire

Glissait pour ébouriffer tes cheveux.

 

Et ta bouche qui jouait à sourire

A la vue d'un met délectable

Tes chants, tes cris, tes soupirs

L'animait pour un instant remarquable.

 

Tes longues marches, tes errements,

C'étaient une ruse, un artifice.

Une roublardise de gitan

Pour tromper les maléfices.

 

Tu dressais ta figure

D'un air plein de défis.

Toisant les créatures

Qui ignoraient ton esprit.

 

Tu partais pour un océan de lumière

Des fleurs au coin des yeux.

Tu dors dans la nuit polaire

Ton étoile brille de mille feux.

 

                                               A Marianno.

par chris2lire publié dans : poésie
Jeudi 30 juin 2005

Manosque, le 29.06.2005

 

Mon amour,

 

Auras-tu raison de ma raison ?

 

Ton absence me déchire le cœur. Elle me laisse entrevoir l’abîme dans lequel je vais échouer, vaincue d’avoir tant attendu. Brisée d’avoir tant espéré. Mon amour ne sera alors plus qu’écume écrasée par la solitude et le néant.

 

Tout résonne.

Un voile terne obscurcit mon ciel. L’horizon disparaît. Mon regard se perd dans le vide. Ton silence se révèle en écho assourdissant dans mon cœur. Il hurle en secret et ce calme tapageur s’estompe dans la brume.

 

Solitaire dans la foule.

Je marche en aveugle. Les pieds dans l’océan et la tête dans le désert. J’ai les yeux grands ouverts sur l’infini solitude des âmes abandonnées. Elles sont pâles, insipides, tristes à pleurer. Elles errent en une ronde pathétique, filets dérivant  emportées par le courant.

 

Prisonnière volontaire.

Je me recroqueville dans ma coquille vide. Je trouve un refuge à ma solitude. Les barreaux ne sont que le reflet de mes peurs. Je suis seule dans ma prison de verre. Mes cris se cognent aux murs de mes frayeurs. Ils tambourinent, luttent, s’agitent et retombent en une lente agonie.

 

Me laisseras-tu mourir d’amour ?

 

 

Munch

Le cri.

Jeudi 30 juin 2005

 

Manosque, le 29.06.2005

 

 

Aujourd’hui mon amour,

 

Aujourd’hui, le temps est à l’orage.

Une lourde chaleur pèse sur les nuages qui menacent de crever et de répandre leur jus rafraîchissant sur le bitume surchauffé de la ville. Des odeurs de terre mouillée et d’herbes coupées montent des jardins alentours jusqu’à ma fenêtre pour venir m’enivrer du parfum sauvage et furieux d’un déchaînement à venir.

 

Aujourd’hui, la ville attend.

Elle attend la flagellation violente de la pluie, le martèlement saccadé des gouttes tombant dans le vide brûlant pour aller s’écraser sur le sol dans une explosion éclatante.

 

Aujourd’hui, le temps est suspendu.

Il s’est mis entre parenthèses, entre deux eaux, entre deux feux. Il a brisé les entraves immuables de l’éternité pour se lover dans les chaînes aléatoires de l’espoir.

 

Aujourd’hui, je suis à la fenêtre.

Je guette les mouvements des arbres, les papiers volants. Le linge qui séchait jusqu’à présent sur les terrasses et les balcons est rapidement ramassé par des silhouettes fugitives.

 

Aujourd’hui, je pense à toi.

Je guette l’horizon. Tu es là-bas, derrière les nuages. Tu me rêves, tu me sens, tu m’espères. Tu me goûtes de ta bouche entrouverte et me respires de ton souffle léger.

 

Aujourd’hui, je pense à demain.

 

Demain, tu seras là.

Jeudi 30 juin 2005



Manosque, le 29/06/2005  

                                                      

 

Mon amour,

 

 

Mes nuits sont plus belles que mes jours ! Elles te sont réservées.

 

Avant de te connaître, je fuyais mes nuits. Elles me laissaient m’enfuir au plus profond d’elles-mêmes où je finissais par me perdre. Je tombais dans le néant sans fond des nuits blanches avec sa cohorte de chimères et de mirages. Prisonnière clairvoyante de ce tourbillon.

 

Tu as daigné poser les yeux sur moi. Puis, tu m’as tendu la main. Elle était solide et chaude. Tu ne m’as pas lâché. Tu ne t’es pas enfui dans la nuit. Tu es simplement entré dans les miennes.

 

Tu m’as enveloppé de ton amour coton. Tu as séché mes larmes de soie du revers satin de ta main. Tu as tissé nos sentiments sur le fil de notre vie. Maintenant, notre amour a grandi.

 

Il s’est épanoui à la lumière de tes yeux. Il s’est nourri de ton souffle délicat et s’est abreuvé de la rosée de ta voix. Ta chaleur, ton odeur lui ont offert un refuge, une réserve naturelle à sa nature réservée.

 

Je t’invite à continuer ces lignes et faire en sorte qu’elles deviennent des pages.

 

Je t’aime.

 

 

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