
Lys au bord de l’eau
Un écrin blanc pour l’abeille
Parmi les roseaux.
Pétales de rose
Délicates lèvres lisses
Pour un papillon.
Parfum de glycine
Universel et vivant
Dans le vent du soir.
Mimosa d’hiver
Poudre d’or de la colline
Veine de diamant.
Tu partais pour un océan de lumière,
Des fleurs au coin des yeux.
Le vent, sur ton visage lunaire
Glissait pour ébouriffer tes cheveux.
Et ta bouche qui jouait à sourire
A la vue d'un met délectable
Tes chants, tes cris, tes soupirs
L'animait pour un instant remarquable.
Tes longues marches, tes errements,
C'étaient une ruse, un artifice.
Une roublardise de gitan
Pour tromper les maléfices.
Tu dressais ta figure
D'un air plein de défis.
Toisant les créatures
Qui ignoraient ton esprit.
Tu partais pour un océan de lumière
Des fleurs au coin des yeux.
Tu dors dans la nuit polaire
Ton étoile brille de mille feux.
A Marianno.
Manosque, le 29.06.2005
Mon amour,
Auras-tu raison de ma raison ?
Ton absence me déchire le cur. Elle me laisse entrevoir labîme dans lequel je vais échouer, vaincue davoir tant attendu. Brisée davoir tant espéré. Mon amour ne sera alors plus quécume écrasée par la solitude et le néant.
Tout résonne.
Un voile terne obscurcit mon ciel. Lhorizon disparaît. Mon regard se perd dans le vide. Ton silence se révèle en écho assourdissant dans mon cur. Il hurle en secret et ce calme tapageur sestompe dans la brume.
Solitaire dans la foule.
Je marche en aveugle. Les pieds dans locéan et la tête dans le désert. Jai les yeux grands ouverts sur linfini solitude des âmes abandonnées. Elles sont pâles, insipides, tristes à pleurer. Elles errent en une ronde pathétique, filets dérivant emportées par le courant.
Prisonnière volontaire.
Je me recroqueville dans ma coquille vide. Je trouve un refuge à ma solitude. Les barreaux ne sont que le reflet de mes peurs. Je suis seule dans ma prison de verre. Mes cris se cognent aux murs de mes frayeurs. Ils tambourinent, luttent, sagitent et retombent en une lente agonie.
Me laisseras-tu mourir damour ?

Manosque, le 29.06.2005
Aujourdhui mon amour,
Aujourdhui, le temps est à lorage.
Une lourde chaleur pèse sur les nuages qui menacent de crever et de répandre leur jus rafraîchissant sur le bitume surchauffé de la ville. Des odeurs de terre mouillée et dherbes coupées montent des jardins alentours jusquà ma fenêtre pour venir menivrer du parfum sauvage et furieux dun déchaînement à venir.
Aujourdhui, la ville attend.
Elle attend la flagellation violente de la pluie, le martèlement saccadé des gouttes tombant dans le vide brûlant pour aller sécraser sur le sol dans une explosion éclatante.
Aujourdhui, le temps est suspendu.
Il sest mis entre parenthèses, entre deux eaux, entre deux feux. Il a brisé les entraves immuables de léternité pour se lover dans les chaînes aléatoires de lespoir.
Aujourdhui, je suis à la fenêtre.
Je guette les mouvements des arbres, les papiers volants. Le linge qui séchait jusquà présent sur les terrasses et les balcons est rapidement ramassé par des silhouettes fugitives.
Aujourdhui, je pense à toi.
Je guette lhorizon. Tu es là-bas, derrière les nuages. Tu me rêves, tu me sens, tu mespères. Tu me goûtes de ta bouche entrouverte et me respires de ton souffle léger.
Aujourdhui, je pense à demain.
Demain, tu seras là.

Manosque, le 29/06/2005
Mon amour,
Mes nuits sont plus belles que mes jours ! Elles te sont réservées.
Avant de te connaître, je fuyais mes nuits. Elles me laissaient m’enfuir au plus profond d’elles-mêmes où je finissais par me perdre. Je tombais dans le néant sans fond des nuits blanches avec sa cohorte de chimères et de mirages. Prisonnière clairvoyante de ce tourbillon.
Tu as daigné poser les yeux sur moi. Puis, tu m’as tendu la main. Elle était solide et chaude. Tu ne m’as pas lâché. Tu ne t’es pas enfui dans la nuit. Tu es simplement entré dans les miennes.
Tu m’as enveloppé de ton amour coton. Tu as séché mes larmes de soie du revers satin de ta main. Tu as tissé nos sentiments sur le fil de notre vie. Maintenant, notre amour a grandi.
Il s’est épanoui à la lumière de tes yeux. Il s’est nourri de ton souffle délicat et s’est abreuvé de la rosée de ta voix. Ta chaleur, ton odeur lui ont offert un refuge, une réserve naturelle à sa nature réservée.
Je t’invite à continuer ces lignes et faire en sorte qu’elles deviennent des pages.
Je t’aime.

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