VERS DES SABLES   
 
 
Jeudi 30 juin 2005



Manosque, le 29/06/2005  

                                                      

 

Mon amour,

 

 

Mes nuits sont plus belles que mes jours ! Elles te sont réservées.

 

Avant de te connaître, je fuyais mes nuits. Elles me laissaient m’enfuir au plus profond d’elles-mêmes où je finissais par me perdre. Je tombais dans le néant sans fond des nuits blanches avec sa cohorte de chimères et de mirages. Prisonnière clairvoyante de ce tourbillon.

 

Tu as daigné poser les yeux sur moi. Puis, tu m’as tendu la main. Elle était solide et chaude. Tu ne m’as pas lâché. Tu ne t’es pas enfui dans la nuit. Tu es simplement entré dans les miennes.

 

Tu m’as enveloppé de ton amour coton. Tu as séché mes larmes de soie du revers satin de ta main. Tu as tissé nos sentiments sur le fil de notre vie. Maintenant, notre amour a grandi.

 

Il s’est épanoui à la lumière de tes yeux. Il s’est nourri de ton souffle délicat et s’est abreuvé de la rosée de ta voix. Ta chaleur, ton odeur lui ont offert un refuge, une réserve naturelle à sa nature réservée.

 

Je t’invite à continuer ces lignes et faire en sorte qu’elles deviennent des pages.

 

Je t’aime.

 

Mercredi 29 juin 2005

Manosque, le 29.06.2005

 

Cher amour,

 

Vous me manquez.

Vous me manquez d’une caresse, d’un souffle. Je pense à vos mains sur ma peau, à la chaleur de votre corps, le sel de votre sueur. Je me réveille au milieu de la nuit avec la douceur électrique de votre peau gravée sur mes mains et sur mes lèvres.

Le son de votre voix se muait en écume sur les galets. Il m’enveloppait d’une couverture moelleuse dans laquelle j’aimais à me blottir. Il caressait mes oreilles à la façon de vos mains : tout en légèreté, en velouté. La suavité de votre timbre parfumait votre aura d’une odeur délicate.

 

Je vous attends.

Je vous attends d’un gouffre, d’un continent. Votre absence pèse à mon cœur. Mes jours ressemblent à mes nuits, le vide les remplit.

Vous souvenez-vous de votre main dans mes cheveux ? De votre regard qui se posait sur mes seins ? Comme vous sembliez heureux dans ce jardin. Le bourdonnement des abeilles agitait l’air d’une douce musique. Vous chassiez d’un revers de main celles qui me frôlaient. Vous ne redoutiez pas leurs piqûres.

 

Je vous aime.

Je vous aime d’une tempête, d’un ouragan. Mon cœur est transporté par mes sentiments pour vous. Il vole, s’échappe par la fenêtre ouverte. Il est à votre recherche. Il guette le moindre tressaillement, le plus petit émoi qui semble vous distinguer.

Les mots, même insignifiants, que vous prononciez étaient des paroles d’amour que vous n’osiez exprimer. Je ressentais leurs vibrations dans ma chaire et dans mon ventre. Vos mots étaient une douce brise qui venait caresser mes tympans en un délicat frisson.

 

J’ai gardé des traces indélébiles de votre amour et mon seul remède reste dans le souvenir.

Vous me manquez,

Je vous attends,

Je vous aime.

 

 

 

Mardi 28 juin 2005

Je pars dans l’océan d’écume

Quittant mon port du bout des lèvres,

Vieux gréement sans amertumes,

Je vole sur des vagues d’orfèvres.

 

De grands vaisseaux blancs et criards,

Accompagnent bruyamment mon départ.

Ils frôlent mes voiles de leurs plumes

Comme la caresse du vent sur les dunes.

 

Le bois craque,

Ma coque griffe

Ce grand cloaque

Qui m’ébouriffe.

 

Le large enfin déroule son horizon

Jusqu’aux Amériques puis les îles Salomon.

Plus tard viendra la Polynésie, l’archipel des Tuamotu

Pour franchir le Cap Horn, le Cap des fous.

 

Mon mât se mettra au diapason

Du tropique du capricorne

Nous naviguerons ton sur ton

Jusqu’à l’Afrique et sa corne.

 

Le vent siffle

Les voiles claquent

Ma coque gifle

Les vagues attaquent.

 

Le pont ruisselle d’embruns blafards

L’écume s’étale en étendard,

Je tangue et roule sauvagement,

Dans les ornières de l’océan.

 

Et quand le soleil crève les nuages oppressants

De ses traits obliques de lumières dégoulinantes

Je vogue sous les rayons ardents

Jusqu’à mon île, mon port de Nantes.

 

 

 

 

 

 

par chris2lire publié dans : poésie
Mardi 28 juin 2005

Tout d’abord,

 

Se saisir d’un parchemin à la blancheur virginale,

Contempler son grain,

Promener son regard.

Caresser de ses mains la douce âpreté du vélin.

Sentir son odeur glisser dans les narines

Et chatouiller les muqueuses d’un effluve alcalin.

 

Ensuite,

 

Se saisir d’un pinceau à  l’allure docile,

Le tremper un instant,

Qu’il se gorge du pigment.

Cajoler le papier de cet instrument futile

Qu’il s’abreuve du nectar,

S’en nourrisse et exalte l’accomplissement.

 

Puis,

 

Se saisir d’un bonheur,

D’un petit moment heureux,

Se rappeler cet instant de félicité

Et le coucher sur le papier.

Le border délicatement,

L’embrasser sur le front.

 

Enfin,

 

Remonter les couvertures,

Lui remettre sa peluche,

Ranger les jouets en pleine rébellion.

Ne plus faire de bruit, faire taire les perruches,

Vérifier le sommeil du petit bouchon,

Après, seulement quand tout est terminé,

 

Eteindre la lumière.

 

 

 

 

 

par chris2lire publié dans : poésie
Mardi 28 juin 2005

La faute attend son heure, elle est là, tapie dans l’ombre

Derrière le « e » qui de surprise reste muet !

L’Insaisissable hante le texte dans la pénombre

Elle se déplace, les majuscules font le guet !

 

Opportuniste en diable, c’est le diable qui l’inspire

La faute progresse plus vite et s’enhardit !

Elle a repéré le « h » alors que lui n’aspire

Qu’au châtiment qui fera choir cette chienlit !

 

Le poète est faible derrière sa plume d’oiseaux

La faute est forte, elle peut voler !

Elle y met deux « l » et se cache derrière le « o »

Le poète est faible, il ne l’a pas vu arriver !

 

Derrière sa plume étourdie il rêve de déesses callipyges

Il les voit se dessiner dans un bruissement de papier !

Le poète est faible vous dis-je !

Allez ! « Faute avouée est à moitié pardonnée ! »

 

par chris2lire publié dans : poésie
 

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