Jean-Baptiste était nerveux. Le contrôle de sa création lui échappait. Lilith prenait possession de Sonia qui en échange, lui donnait vie. Il devait absolument commencer sa peinture avant qu’il ne soit trop tard ! Il devait exercer le peu de contrôle qui lui restait encore. Le pinceau était son allié ! Lilith ne pouvait rien contre lui, il le sentait, l’imaginait, il l’espérait.
Il était tôt, Sonia n’était pas encore arrivée, Jean-Baptiste avait passé une nuit affreuse peuplée de chattes en chaleur et de fauves à l’énorme dentition ensanglantée.
Il installa une grande toile sur le chevalet, choisit quelques pinceaux et commença à préparer ses couleurs.
Lorsqu’il fut prêt, il traça quelques lignes de fuite sur la toile avec de l’ocre rouge diluée. Il situa approximativement Lilith avec un autre personnage. Il réfléchit un instant. Oui ! C’était évident ! Lilith se devait d’être représentée dans le plein exercice de ses charmes et de ses sortilèges !
Jean-Baptiste s’enthousiasma pour ce projet. Il repris confiance en lui. Non ! Lilith ne serait pas la plus forte ! Maintenant, il savait comment il allait la dominer !
Sonia trouva Jean-Baptiste torse nu qui s’agitait frénétiquement avec un large pinceau devant une grande toile. Il avait un regard halluciné et de grands gestes brusques. Il ne s’apercevait même pas de sa présence. Elle sentait que quelque chose clochait. Elle s’installa sur sa chaise et attendit les instructions du peintre. Il ne dit pas un mot. Elle remarqua la silhouette dessinée sur la toile et calqua sa pose sur elle. Elle ressentit alors un malaise qui ne la quitta pas tout au long de la séance.
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