Jean-Baptiste était satisfait. Son tableau avançait, il savait maintenant où il allait. Il n’était plus angoissé par la recherche de Lilith. Désormais, elle était à sa merci, elle ne lui échapperait plus, il l’avait cerné. Son travail d’approche avec les multiples croquis de la succube avait porté ses fruits.Sonia était soulagée de voir Jean-Baptiste avec cet air serein après l’atmosphère lourde du jour précédent. Elle se sentait détendue et en sécurité. Elle reprenait plaisir à se glisser dans la peau d’une icône.
Jean-Baptiste s’autorisait même quelques instants de repos. Ils en profitaient alors pour siroter un café tout en bavardant. Le seul regret de Sonia résidait en l’entêtement superstitieux de Jean-Baptiste à ne pas dévoiler son travail en cours à qui que ce soit. Elle ressentait une légère frustration qui disparaissait rapidement lorsqu’elle songeait qu’elle aurait la primeur du tableau une fois terminé.
« Je vous trouve en forme ! Votre tableau avance bien ? – dit Sonia.
- J’éprouve une grande satisfaction. Presque la satisfaction d’une mission remplie ! – Répondit Jean-Baptiste.
- Dites-moi ! Lilith ! C’était une commande ou un vieux rêve ?
- Plutôt un très vieux rêve ! Je lisais beaucoup d’histoires fantastiques lorsque j’étais enfant. C’est ma mère qui m’a initié aux histoires de magiciens, de sorcières, de démons et de succubes. Ma mère était une femme douce et d’une grande beauté. Elle me fascinait. Je l’aimais tellement qu’elle pouvait faire de moi ce qu’elle voulait. Un jour, en feuilletant un livre illustré j’ai vu le portrait de Lilith, la reine des succubes, j’ai eu un choc ! C’était le portrait de ma mère trait pour trait ! Cette image m’a poursuivi toute ma vie ! Il fallait que je fasse ce tableau ! Il fallait que je donne à Lilith un visage neutre, inconnu !
- Pourquoi avoir tant attendu ?
- Ce n’est jamais facile d’effacer le visage de sa mère, même si il est sur le corps d’un démon ! - Sonia pouvait aisément le concevoir.
- qu’allez-vous faire maintenant que vous avez réalisez votre rêve ?
- Mais peindre voyons ! Je ne sais faire que ça ! – Dit-il comme une évidence.
- Et quand pensez-vous que je pourrai admirer votre œuvre ?
- Demain ! » Affirma Jean-Baptiste après une brève réflexion.
par chris2lire
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Lilith

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