VERS DES SABLES   
 
 
Jeudi 30 juin 2005

Manosque, le 29.06.2005

 

Mon amour,

 

Auras-tu raison de ma raison ?

 

Ton absence me déchire le cœur. Elle me laisse entrevoir l’abîme dans lequel je vais échouer, vaincue d’avoir tant attendu. Brisée d’avoir tant espéré. Mon amour ne sera alors plus qu’écume écrasée par la solitude et le néant.

 

Tout résonne.

Un voile terne obscurcit mon ciel. L’horizon disparaît. Mon regard se perd dans le vide. Ton silence se révèle en écho assourdissant dans mon cœur. Il hurle en secret et ce calme tapageur s’estompe dans la brume.

 

Solitaire dans la foule.

Je marche en aveugle. Les pieds dans l’océan et la tête dans le désert. J’ai les yeux grands ouverts sur l’infini solitude des âmes abandonnées. Elles sont pâles, insipides, tristes à pleurer. Elles errent en une ronde pathétique, filets dérivant  emportées par le courant.

 

Prisonnière volontaire.

Je me recroqueville dans ma coquille vide. Je trouve un refuge à ma solitude. Les barreaux ne sont que le reflet de mes peurs. Je suis seule dans ma prison de verre. Mes cris se cognent aux murs de mes frayeurs. Ils tambourinent, luttent, s’agitent et retombent en une lente agonie.

 

Me laisseras-tu mourir d’amour ?

 

 

Munch

Le cri.

 
 
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