Manosque, le 29.06.2005
Mon amour,
Auras-tu raison de ma raison ?
Ton absence me déchire le cur. Elle me laisse entrevoir labîme dans lequel je vais échouer, vaincue davoir tant attendu. Brisée davoir tant espéré. Mon amour ne sera alors plus quécume écrasée par la solitude et le néant.
Tout résonne.
Un voile terne obscurcit mon ciel. Lhorizon disparaît. Mon regard se perd dans le vide. Ton silence se révèle en écho assourdissant dans mon cur. Il hurle en secret et ce calme tapageur sestompe dans la brume.
Solitaire dans la foule.
Je marche en aveugle. Les pieds dans locéan et la tête dans le désert. Jai les yeux grands ouverts sur linfini solitude des âmes abandonnées. Elles sont pâles, insipides, tristes à pleurer. Elles errent en une ronde pathétique, filets dérivant emportées par le courant.
Prisonnière volontaire.
Je me recroqueville dans ma coquille vide. Je trouve un refuge à ma solitude. Les barreaux ne sont que le reflet de mes peurs. Je suis seule dans ma prison de verre. Mes cris se cognent aux murs de mes frayeurs. Ils tambourinent, luttent, sagitent et retombent en une lente agonie.
Me laisseras-tu mourir damour ?


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