Lundi 2 avril 2007 1 02 /04 /Avr /2007 23:17
Mon amour,
 
Voila maintenant deux semaines que tu es parti.
Deux semaines que je n’ai pas goûté ta peau suave à l’arôme de miel défendu.
Deux semaines où je n’ai pas mordillé avec jouissance les lobes délicats de tes oreilles. Tu aimais tellement quand ma langue hardie taquinait avec volupté ces excroissances qu’un léger duvet rendait délicieusement animales.
Tu es parti sans que je puisse terminer de te savourer.
 
Voila deux semaines que tu es parti et je ne pourrai plus frayer un chemin à mes mains dans ta chevelure de soie. Elles ne pourront plus courir le long de tes mèches folles. Tu n’esquiveras plus leurs assauts d’un brusque mouvement de tête.
Voici deux semaines que je n’ai pas touché ton corps, caressé tes courbes, pincé les doux plis moelleux de ton ventre vibrant et de tes hanches massives.
Tu es parti sans que je puisse terminer de te pétrir.
 
Deux semaines passées sans entendre la musique de ta voix m’ont plongé dans un silence sépulcral. Moi qui aimais tant la valse chaude et rauque de tes trémolos, le tintement monocorde de ta voix roulant sur les galets et ne laissant que l’écume dans un ressac de plénitude.
Tu es parti sans que je puisse terminer d’écouter ta symphonie.
 
Deux semaines sont parties avec toi sans que je puisse contempler tes yeux se baissant à la rencontre des miens. Je ne pourrai plus examiner leur éclat fractal pour en déterminer cette sérénité qui faisait ta force.
Je ne pourrai plus regarder ta silhouette avec sa démarche féline se détachant à contre-jour devant la grande baie vitrée. Je ne verrai plus ta main tortiller tes cheveux entre ses doigts fins et déliés dans un geste anodin et spontané.
Tu es parti sans que je puisse terminer de t’admirer.
 
Voilà deux semaines que je hume les odeurs qui nous appartenaient.
Il y a encore le parfum des roses que tu chérissais et auxquelles tu apportais une attention particulière. Il y a l’odeur de la savonnette sur le rebord du lavabo qui me rappelle nos savonnages mutuels dans la baignoire dont l’étroitesse invitait à une inévitable promiscuité.
J’ai adopté ton dentifrice pour me souvenir de tes baisers frais.
J’ai acheté la même eau de toilette dont tu t’aspergeais le matin, je peux ainsi te retrouver au moment où je pénétrais dans la salle de bain, après ta douche, vêtue d’une simple serviette et où je me blottissais contre ton corps encore humide.
Je cherche encore des traces de toi à la surface de l’oreiller, dans les draps, dans quelques vêtements que tu as oublié.
 Mais les odeurs disparaissent, elles se transforment, elles évoluent.
Voilà maintenant deux semaines que tu es parti…et je ne peux déjà plus te sentir.
Par chris2lire - Publié dans : lettres volées
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Commentaires

Quelle chute..!
est ce le bon  chemin vers l'oubli
la suite le dira...
j'ai aimé cette lettre de désamourance
remplie de parfums et de refus de résonance
Commentaire n°1 posté par Viviane le 03/04/2007 à 20h41
Vieille lettre sortie des archives, du temps de l'atelier d'écriture alors en odeur de sainteté ;-)
Réponse de chris2lire le 03/04/2007 à 22h55

là tu m'as scotché !


salut Christine !

Commentaire n°2 posté par Eric LÖW le 09/04/2007 à 12h37
Hello Low et merci, c'est paques tu le vaux bien ;-)
Réponse de chris2lire le 09/04/2007 à 16h39
Très émouvant, ce texte ... on a tellement envie de haïr et de tuer, quand l'autre ne nous aime plus
Commentaire n°3 posté par Cécile le 26/05/2007 à 19h20
Oui mais on s'habitue ;-)
Réponse de chris2lire le 01/06/2007 à 00h02

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