Habitée par la tristesse, le dénuement et l’impression que ma vie m’échappait, je suis allée faire un tour à Aix-en-Provence.
Je m’installe à la terrasse d’un café face à la Rotonde. Les platanes géants sont encore nus. Le soleil de printemps s’accroche à leurs branches. Les passants musardent, certains brandissent un rameaux, un sourire flotte sur les lèvres. Pas sur les miennes.
Je n’ai pas envie de parler. Je voudrais me fondre dans ce ciel si bleu, si clair ! J’offre mon visage au soleil. J’aperçois les passants. Deux femmes se tiennent la main, accrochées à leurs cœurs. Un jeune homme exhibe une chevelure fraîchement oxydée, ça ne lui va pas, le rouge aurait été plus seyant !
Arrive une sorte de marabout, un borgne terrifiant ! Un grand foulard rouge sous son chapeau noir !
- On s’invite ?
- Non merci, j’ai envie d’être seule.
- Il vaut parfois mieux être seule que mal accompagnée !
- Comme vous avez raison !
- Et bien tenez ! Je vous fais un cadeau ! Je vous offre un rameau bénit !
Surprise, déconcertée, je ne sais que penser. Je cherche à comprendre. Une foule d’idées assaillent mes esprits. Une seule se détache, s’amplifie, devient presque évidente !
Se pourrait-il que Dieu pose les yeux sur moi ? Moi la mécréante ? Qui n’ai jamais eu foi en rien ? Se pourrait-il qu’il ait choisi cet être mal attifé, grossièrement abouti pour servir de messager ?
L’idée ne me déplait pas. Même si elle est un peu contraire à mes principes. Je la trouve apaisante. Je vois maintenant les passants. Ils profitent de la douceur du soleil et de la sérénité qu’il leur apporte !
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Très joli ton texte et la description de l'état d'esprit et à la fin ... cette sorte de signe peut être ... qui sait ???
Bises
NicoleA